Affichage des articles dont le libellé est un monde merveilleux. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est un monde merveilleux. Afficher tous les articles

mercredi 28 décembre 2022

En attendant le printemps...

 Souvent, on déclare dans un soupir « qu'il n'y a plus de saisons ». Et c'est parfois vrai, bien que je songe parfois qu'en Belgique nous bénéficions encore de deux saisons : la bonne et la mauvaise. Mais, suivant qu'on aime le vent, la pluie, la neige et les sports de glisse ; et qu'on soit allergique au soleil et aux touristes ; on peut considérer que la mauvaise est en réalité la bonne et vice-versa.

Il arrive aussi que la météo pendant la traditionnelle bonne saison se montre un peu pourrie ; et particulièrement clémente pendant certaines semaines de l'année où il est courant qu'elle ne le soit pas. Le « dérèglement climatique » étant pour beaucoup dans ces égarements météorologiques.

Quoi qu'il en soit, en ce moment, j'attends le printemps et, accessoirement au passage, ce nouveau millésime qui me rapprochera inévitablement du dernier qu'il me sera accordé de vivre. N'étant allergique ni au soleil, ni à la vie au grand air, je me réjouis de pouvoir conduire mon vélo en balade un peu plus loin que dans les environs de mon domicile et un peu plus longtemps qu'une heure ou deux entre chacune des dépressions qui se succèdent sur la mer du Nord. En ce moment, et comme le disait Sean Kelly, c'est seulement après qu'on est sorti qu'on sait vraiment à quel point il faisait froid.

 



 Elles sont loin déjà, ces journées printanières et automnales où je parcourais les voies vertes et petites routes de campagne d'un village à un autre, m'arrêtant ici et là pour un pique-nique improvisé ou une pause de récupération au sommet d'une voie pentue ; et ces soirées et nuits passées dans la quiétude parfois précaire d'une aire de bivouac.




 L'année qui se termine aurait pu être plus joyeuse si nous n'avions eu à déplorer, après tous ces mois pénibles à lutter contre un virus tenace, le déclenchement de ce qui ressemble à une amorce de Troisième Guerre mondiale.

Peut-être est-ce de ma part une vision pessimiste de l'actualité, mais une relecture de l'Histoire du vingtième siècle m'incite à penser de la sorte, si j'opère un rapprochement entre certains événements graves de 1939 qui ont vu des conflits éclater plus à l'est de l'Europe pour finir par s'étendre chez nous dans les mois et années qui suivirent.

Le champ de bataille est aujourd'hui en Ukraine, comme il se situa autrefois en Pologne. Nous brandissons menaces et sanctions, nous tentons des médiations ; mais nous sentons à quel point c'est vain. L'Histoire repasse les plats, mais nous espérons qu'ils seront moins indigestes.

En cette fin d'année, le bilan de mon blog me paraît bien terne également, même si c'est sans commune mesure avec l'actualité. J'ai peu écrit, mais j'ai souvent songé à le faire. La procrastination peut être malsaine, je l'évite dans la vie de tous les jours ainsi que dans mes obligations familiales et professionnelles, mais ici même, elle me paraît bénigne.

Je me souhaite donc une année 2023 plus inspirée en matière d'écriture ; et à tous je la souhaite remplie de bonheur, de paix et de prospérité.

À bientôt pour d'autres bafouilles !

dimanche 13 mars 2022

Non, le carburant n'est pas trop cher !

 

Le titre est volontairement provocateur, je sais, et même franchement exagéré, aussi vais-je nuancer le propos dans les lignes ci-après...

Et je vais commencer par citer Coluche qui, dans un des ses sketches, disait : « On a doublé le prix de l'essence. Est-ce qu'il y a deux fois moins de voitures sur les routes ? Non ! »

Une sorte de postulat qui ne se promenait pas dans la dentelle, lui non plus, mais qui basait son raisonnement sur le fait que le doublement du prix d'une denrée n'entraîne pas nécessairement une réduction de moitié de sa consommation.

Si on doublait soudain le prix du pain ou d'une autre denrée de base de notre alimentation, je suis certain que les gens en achèteraient moins ; mais la bagnole, ça, il ne faut pas y toucher.

Il y avait jadis des slogans du genre « Ma voiture, c'est ma liberté » qui paraissent ridicules aujourd'hui ; mais il n'en reste pas moins que, dans nos pays de l'UE, on a tellement eu tendance à verser dans le « tout à la bagnole » au cours des dernières décennies qu'il est devenu difficile aujourd'hui de s'en passer à moins de changer de mode de vie – ce qui peut imposer un changement de domicile, par exemple.

Les commerces des villages ayant disparu au profit des grands centres commerciaux plantés en périphérie des grosses agglomérations, seuls les ménages domiciliés au centre des villes et à proximité des boutiques peuvent éventuellement faire l'économie d'une voiture et certainement celle de la seconde.

Donc, le carburant double de prix et il y a toujours autant de voitures sur les routes. C'est un fait. Et les gens vous diront que « ce n'est pas possible autrement », « qu'il faut bien aller bosser, faire les courses et conduire les enfants à l'école ».

Tiens, justement, comme j'en parlais dans un ancien article (toujours d'actualité) : j'habite en face d'une école.

Là aussi, en dépit du doublement du prix du carburant, il y a toujours autant de bagnoles aux heures « chaudes ». C'est hallucinant, quand on y songe, car la plupart de ces gens n'habitent pas loin. Ils pourraient faire le déplacement à pied, d'autant plus que ces courts trajets motorisés sont proportionnellement les plus coûteux en énergie au kilomètre.

« Oui, mais de toute façon, je dois prendre la voiture, car je vais bosser et l'école est justement sur le chemin du travail ».

Je ne juge pas les gens, ils disent sans doute vrai. Je constate, tout simplement.

D'ailleurs, moi aussi, je suis dans le même cas. Et bien que je n'aie plus d'enfants à « déposer à l'école en passant » (mais ce n'était pas nécessaire, puisque, je le rappelle, j'habite en face), je dois utiliser la voiture pour aller au turbin ou faire les courses. Mais Chérie et moi, nous nous modérons. Nous prenons nos vélos autant que possible. Et les transports en commun. Et nous ne rechignons pas à user de nos guibolles, elles sont conçues pour ça.

Ce que nous devrions constater autour de nous, en raison de la forte hausse des prix des carburants, c'est une modification de certains comportements. La conduite « économique », cela existe. Et c'est si simple à mettre en place qu'on se demande si, vraiment, les automobilistes ont davantage de pognon que de cervelle.

C'est ce constat qui me fait dire que non, le carburant n'est pas (encore) trop cher. En tout cas, pas pour tout le monde. Sinon, les gens rouleraient moins et, surtout, beaucoup plus calmement. Cela leur permettrait de réaliser de substantielles économies.

Et, comme je le disais, c'est simple à mettre en place. Il suffit d'anticiper.

Le principe est qu'à véhicule égal, une conduite en douceur et une vitesse modérée font baisser la consommation de carburant. Grosses accélérations et coups de frein sont des gaspillages d'énergie ; et la résistance à l'avancement (pertes par frottements) est proportionnellement plus forte à vitesse élevée.

Le truc le plus simple, donc, quand on ne peut pas se déplacer autrement qu'en voiture, est de partir un peu plus tôt et de rouler en évitant de devoir freiner. Cela nécessite de l'anticipation, non seulement sur la circulation, mais aussi sur notre emploi du temps. Partir cinq ou dix minutes plus tôt, ce n'est pas si compliqué dans la plupart des cas. Juste une habitude à prendre.

Et non seulement cela permet de diminuer la consommation de carburant, mais aussi le stress d'arriver en retard.

Autre bonne surprise : partir plus tôt, cela permet également de passer un peu plus tôt les carrefours difficiles et d'éviter les plus gros encombrements. Double économie.

Je vois toutefois si peu de comportements raisonnables, de conducteurs calmes, de gens déstressés, que j'en arrive à dire que non, décidément, le carburant n'est pas encore assez cher.

Pour certains automobilistes, en tout cas, comme je l'écrivais ci-dessus. Car il est vrai que je vis en Belgique, et que la Belgique est le paradis de la « voiture de société ». La bagnole dont le patron offre l'usage à son employé, ça lui coûte moins cher que du salaire. Donc, en Belgique, il y a des « voitures-salaire ». Et, en complément, le patron paie aussi assez fréquemment une carte carburant. Cela fait partie des « avantages en nature ».

Alors, bien sûr, comme près de la moitié des bagnoles neuves vendues en Belgique sont des « voitures de société », ceci explique cela. « C'est pas moi qui paie, donc pas besoin de faire des économies ».

D'ailleurs, question voiture, le Belge vit au-dessus de ses moyens. La caisse offerte par le patron est bien souvent une à deux catégories au-dessus de celle que le travailleur pourrait s'offrir avec ses propres deniers ; ce qui explique l'abondance sur nos routes de berlines et SUV allemands autrement plus coûteux que la Clio du Français ordinaire.

Pas encore assez chère, donc, l'essence. Quand elle le deviendra assez pour que les patrons se disent « Holà ! Stop ! Y a de l'abus », les choses changeront peut-être. Mais, en attendant, ils auraient tort de se plaindre, puisque ce système a bien arrangé leurs petites affaires pendant de nombreuses années.


lundi 20 décembre 2021

Corvées de toute une année

 Il y a des besognes qu'on ne devrait pas avoir à faire. On les appelle communément « des corvées ».

Certaines sont quotidiennes, mais tout le monde ne les considère pas toutes comme telles. Affaire de goûts et d'habitudes, généralement.

Il y a les tâches ménagères, que l'homme moderne ne laisse plus entièrement à charge de sa femme, par exemple. Ce qui me force d'ailleurs à constater que beaucoup d'hommes sont capables d'être à la mode sans être modernes pour autant.

Il y a les tâches d'entretien du jardin, les réparations diverses, que l'homme moderne devrait entreprendre sans rechigner. Mais je connais des femmes qui tondent la pelouse et manient le tournevis et le fer à souder aussi bien que leur coiffeuse les ciseaux et le fer à friser. Si leur homme cire le parquet, lave la vaisselle et sait faire la soupe, c'est un partage des tâches qui peut satisfaire tout le monde.

Et il y a, outre les compétences, les goûts et les couleurs qui, on le sait, ne se discutent pas. Quoi qu'il en soit, incompétence et dégoût vont plus souvent de pair que leur contraire. Si vous n'aimez pas cuisiner, il y a de fortes chances que le jour où vous vous mettez au fourneau, le résultat soit lamentable. Inversement, une personne aimant cuisiner aura tendance à servir des plats au minimum corrects. Toutefois, ce n'est pas parce qu'on aime faire le gâteau qu'il sera nécessairement bon.

Et puis, donnez à dix personnes la même recette et les mêmes ingrédients ; les résultats iront du succulent à l'innommable.

Bref, la corvée patates, ça peut n'en être pas une. Surtout si vous mangez fréquemment des pâtes et du riz. La corvée vaisselle, grâce à la technique moderne, on peut la confier à une machine. Il reste seulement à la vider et à ranger assiettes et casseroles. C'est d'ailleurs à ce moment-là que le plus silencieux des lave-vaisselle se révèle extrêmement bruyant !

Mais il y a des corvées qui sont vraiment des corvées et qu'en été, on se dit qu'on attendra l'hiver pour les faire. Ou l'inverse. Comme nettoyer le four, par exemple. Voilà une chouette corvée ! Tous ces rôtis, ces poulets qui ont éclaboussé tous azimuts ; ces traînées de graisse recuite sur les claies... Les plus méticuleux nettoient au fur et à mesure ou utilisent la pyrolyse. La première option requiert patience (que ça refroidisse un peu), volonté (de s'y mettre) et bonne mémoire (parce qu'en attendant que ça refroidisse, on passe à autre chose) ; tandis que la seconde requiert beaucoup d'énergie électrique et la nécessité de tolérer un peu de fumée et un résultat souvent douteux.

Ranger le grenier, c'est difficile aussi. Surtout de commencer. C'est incroyable tout ce qu'on peut entasser dans un grenier. Le grenier, c'est un débarras à la puissance quatre. Ou davantage, suivant la taille. Mais c'est un peu comme le disque dur de l'ordinateur : c'est quand il sature qu'on réalise qu'on l'a trop rempli et qu'il est temps de faire un bon nettoyage. Donc, plus il est grand, plus on l'encombre.

En été, ranger un grenier, c'est dur. Il fait chaud, sous la toiture. Et puis, dehors, il fait beau, d'autres corvées plus pressantes sont là qui attendent : tondre la pelouse, couper les fleurs fanées, arroser le potager, prendre l'apéritif sous le parasol...

En hiver, ranger un grenier, c'est compliqué aussi. Il fait froid, sous la toiture. Dehors, il fait froid aussi et d'autres corvées plus pressantes attendent : déneiger le trottoir, ajouter de l'antigel dans le réservoir du lave-glace de la voiture, acheter les cadeaux pour la Noël, nettoyer le four que la dinde a encrassé...

Je ne m'étendrai pas sur le printemps et l'automne. Inutile d'insister. Mais il faut quand même semer et planter, nettoyer la terrasse et le mobilier de jardin, décrasser la bagnole (ou les vélos), récolter et faire les conserves, tailler les haies, ranger enfin le grenier et se décider à attaquer le four.

Ici, en Belgique, la mauvaise saison est longue. Le seul petit éclair dans la grisaille, ce sont les périodes de fêtes, si on aime ça, qui aident à passer le temps en attendant des jours meilleurs.

Cela me permet de prendre le temps de vous souhaiter de bonnes fêtes de fin d'année ; et une année 2022 enfin débarrassée de cette fichue pandémie qui vient tout doucement à bout de notre patience.



samedi 21 mars 2020

Ce coronavirus qui va changer nos vies

Je sais qu'en ce moment, le Monde entier ne parle que de cela, à un point tel que la crise politique belge en est passée au second plan, l'émission « The Voice » aux oubliettes (non, pas encore, mais on peut toujours rêver...) et les vacances au soleil dans la catégorie des plans sur la Comète ; mais je vais néanmoins m'autoriser une petite bafouille sur la question.

Ne regardez surtout pas en l'air !

C'est probablement l'association de notre curiosité naturelle et de notre esprit de contrariété qui veut cela, mais si vous plantez sur le trottoir un panonceau avertissant « ne regardez surtout pas en l'air ! », les passants vont naturellement faire le contraire de ce qui leur est recommandé et, instantanément, lever le nez au lieu de regarder où ils posent les pieds. Le second panneau, placé quelques mètres plus loin, énonçant narquoisement « vous savez à présent pourquoi vous avez marché dans la merde » sera pris pour une injure plutôt que pour une piqûre de rappel.

Tout cela pour vous dire que, à l'évidence, il était inutile de lancer des appels à la population pour leur dire que nous n'étions pas à l'aube de la Troisième Guerre mondiale, qu'il n'y avait aucune pénurie en vue et qu'il était non seulement inutile mais également contreproductif de se ruer dans les boutiques pour faire provision de denrées de première nécessité telles les pâtes, le riz, la farine, le sucre, le sel, le café, le lait ou le papier de toilette.
Le papier de toilette ! Le PQ ! Je vous en ai déjà parlé, du PQ, mais jamais je n'avais imaginé que ça pouvait être un produit de première nécessité. Non qu'il soit inutile, certes, puisque sans lui nous serions plutôt em*dés dans certaines situations, mais ça n'a quand même rien de dramatique d'en manquer. Surtout qu'il n'y avait aucune rupture de stock à envisager. Mais voilà : des acheteurs angoissés ont surchargé leur chariot, les rayons des supermarchés se sont vidés et des clients se sont mis sur la g* parce qu'ils ne parvenaient pas à se partager le dernier pack de six rouleaux ! Le magasinier essayait par ailleurs d'arriver jusqu'au présentoir avec son transpalette, mais la foule l'a déshabillé (le transpalette, pas le magasinier) avant le terme de son court trajet.
J'ai tenté de comprendre ce qui motivait cette ruée, essayé de savoir s'il était possible de se fabriquer des masques respiratoires avec du PQ ou de l'utiliser en remplacement des pâtes et du pain, mais non. Rien de tout cela. Il paraît que disposer d'un stock de PQ à la maison, c'est sécurisant. Moi, ça ne me sécurise pas, ce truc-là. Je ne suis pas psychologue, mais je me dis qu'on arrive toujours bien à s'en tirer. Confinés à la maison et tant qu'on dispose de l'eau courante, je ne vois pas de raison de paniquer sur la question.

Donc, esprit de contrariété, stupidité et égoïsme obligent : on désobéit. On ne suit pas les recommandations, on brave les interdictions. Des abrutis organisent des « rave-parties » clandestines, des optimistes s'entassent dans les bistrots et les restos pour profiter des dernières heures avant la fermeture obligatoire, comme si le confinement était ordonné uniquement pour les faire ch*r (ça aide à comprendre le rush sur le PQ, peut-être) en les privant de liberté et que le covid-19 allait sagement attendre minuit avant d'essayer de se répandre d'un individu à l'autre.

Je ne suis pas du genre moutonnier, mais ça ne me semblait pas sorcier de réaliser que moins on s'approche les uns des autres, plus on a de chances d'enrayer la progression de cette saloperie. Enfin ! dirai-je en soupirant – essayez, ce n'est pas évident – avant de passer à autre chose...

Le coup de pied aux fesses

Pour toutes sortes de raisons qui ont trait à la fois à l'écologie, à la lutte contre le stress, au désengorgement du réseau routier, à une meilleure flexibilité opérationnelle, à la rentabilité financière et à l'évolution technologique, on évoquait le télétravail, les horaires adaptés de manière à mieux concilier les obligations professionnelles et les aléas de la vie privée (ou vice-versa), sans toutefois passer vraiment à l'acte.
Il y avait des freins à cela : le besoin des patrons de garder le contrôle de leurs employés, le peu d'enthousiasme de certains travailleurs à se priver des relations sociales en entreprise ou à devoir s'aménager au domicile un coin calme dédié au taf pour lequel ils sont rétribués, le manque d'outils de travail adaptés ou suffisamment maîtrisés, une frilosité économique entretenue par le peu de points de référence fiables quant à la rentabilité de l'opération...

L'an dernier, une expérience de télétravail avait été menée au sein de l'entreprise qui recourt à mes services. Sur base volontaire, plusieurs employés s'étaient livrés à l'exercice : bosser depuis leur domicile aussi efficacement qu'ils le faisaient dans leur bureau, auprès de leurs collègues. Les motivations de ceux qui s'étaient jetés à l'eau étaient diverses : s'épargner des déplacements fastidieux et stressants, aménager un horaire mieux en harmonie avec leur vie privée, fuir un lieu de travail jugé trop bruyant ou, comme dans mon cas, tromper la routine en relevant un défi organisationnel.

Les raisons pour lesquelles ceux qui avaient tenté l'aventure ont remis un rapport peu enthousiaste, à l'issue de l'expérience, étaient aussi très diverses. Le gain en temps de déplacement n'était pas toujours compensé par un gain de productivité, soit par la faute d'une mauvaise adaptation technologique ou psychologique, soit à cause du manque de concentration occasionné par la présence à la maison d'autres membres de la famille, soit encore en raison du manque de contacts sociaux. L'autonomie professionnelle, cela exige de l'organisation, de la discipline, de l'esprit d'initiative et un sens des responsabilités que ne se mettent pas en place en deux coups de cuiller à pot. Sauf si...

Sauf si, contraints et forcés par les circonstances, patrons et travailleurs se trouvent mis au pied du mur : imaginer des solutions, les mettre en place et les rendre efficaces.

Notre vie ne sera plus la même

Ceux qui survivront au covid-19 verront la vie autrement. Cet ennemi invisible, impitoyable et sournois est occupé à changer le Monde. Des chiffres commencent à sortir, autres que ceux de la loterie et des statistiques nécrologiques. Le confinement, les rues vides, le tourisme en léthargie forcée, les voyages et déplacements strictement limités... tout contribue à modifier notre société.

Ce qui paraissait difficile voire impossible la semaine dernière s'envisage ou se réalise aujourd'hui. De chez soi, on fait beaucoup de choses. On travaille, on s'occupe, on réagit, on invente. On trouve des manières de s'entraider, on apprend à s'approvisionner en circuit court. Pour le monde des affaires, pour les traders, les temps sont durs. Les États trinquent. La sacro-sainte croissance économique prend un bon coup dans l'aile. Chacun perd de l'argent, de diverses manières, mais chacun doit trouver des solutions pour passer le cap. Nous gagnons moins, mais nous dépensons moins. Nous mettons nos priorités sur l'essentiel.
Ce qui ne nous tuera pas nous rendra plus forts, selon la formule consacrée.

Rien, désormais, ne sera pareil pour un Monde qui apprend de ses erreurs. Il y aura un après-coronavirus. Un coup de frein à la folie collective et, je l'espère, un retour à l'essentiel : une vie plus saine, plus simple, mieux en harmonie avec la Nature.

En attendant des jours meilleurs, prenez soin de vous !

mercredi 19 février 2020

La vanne thermostatique

Voilà un truc que j'aurais pu ranger dans la catégorie des objets qui énervent ; mais, tout bien pensé, je m'en suis abstenu, car la vanne thermostatique est quand même une chouette invention. Un peu comme le PQ qui, même s'il n'a pas grand-chose à voir avec une pièce de chauffage central, est une belle trouvaille lui aussi. Mais je vous parle du vrai PQ, multicouches pour éviter de trouer au mauvais moment, constitué de pure ouate de cellulose très douce pour le bienfait des fosses septiques et le respect des hémorroïdes.
Ce ne sont pas là des objets qui énervent par leur nature, mais plutôt par l'usage qu'on en fait.

La vanne thermostatique, donc, quand elle agace les nerfs, c'est quand quelqu'un y a touché. Et que ce même quelqu'un a oublié qu'il y avait touché.

Pour vous donner un exemple concret, qui peut-être vous rappellera l'une ou l'autre situation que vous auriez personnellement vécue, parlons des vannes thermostatiques installées sur les radiateurs du chauffage central, dans le bâtiment où je trime comme un dingue pour un salaire de misère (ou l'inverse, selon mon patron).
La chaudière, qui a pour elle le mérite de non seulement chauffer, mais en outre de respecter les consignes – et ça, ce n'est pas le cas de tout le monde ! – la chaudière, donc, se met respectueusement en veille à dix-huit heures pour redémarrer le lendemain à six heures. On appelle cela une gestion intelligente de l'énergie ou, plus prosaïquement, une mesure d'économie. Et le week-end, c'est la léthargie générale, sauf s'il gèle à pierre fendre, auquel cas elle se remet en route afin d'éviter des dégâts aux tuyauteries. Brave chaudière, gérée comme il faut.

Comme la maison est grande, les bureaux diversement occupés et les gens qui les fréquentent pas tous aussi frileux les uns que les autres, la température dans les pièces est gérée par des vannes thermostatiques.

Or, à l'inverse du thermostat d'ambiance auquel on confie des consignes de température liées à une horloge et un calendrier, la vanne thermostatique ne fait rien d'elle-même, sauf une seule chose : laisser passer l'eau ou l'empêcher de passer, suivant qu'il fait suffisamment chaud dans la pièce.

En pratique, par exemple, une tête de vanne graduée de zéro à cinq ne laissera passer l'eau, quand elle est à zéro, que si le gel menace ; alors qu'à l'opposé, sur le repère « 5 », elle ne l'arrêtera probablement jamais. Les graduations intermédiaires correspondent plus ou moins à certaines températures, mais devant le manque de précision du dispositif, les fabricants préfèrent éviter d'y graver lesdites températures. Toujours est-il que « 3 » correspond bien souvent à une ambiance de plus ou moins 20°C. La bonne sélection pour un bureau, sans doute.

Une des principales caractéristiques des vannes thermostatiques, c'est qu'elles fonctionnent en « tout ou rien ». L'eau passe si la température sélectionnée n'est pas atteinte, elle ne passe pas dans le cas inverse.
Et une des principales caractéristiques de ceux qui se mêlent d'y toucher, c'est de fonctionner en « tout ou rien » eux aussi. Ainsi, quand une de vos collègues est en proie aux vapeurs annonçant sa prochaine ménopause, il est probable qu'elle estime que la température de 20°C est trop difficile à supporter et que, dans un geste agacé, elle tourne la vanne sur zéro. « Pour que ce truc arrête de chauffer », même s'il ne chauffait déjà plus à ce moment-là. Évidemment, en quittant les lieux le soir, elle aura oublié son geste et, si personne ne s'assure à sa place que la vanne a été remise en position, le lendemain matin, ça va cailler ferme dans le bureau pour autant qu'il fasse un peu froid dehors.

De manière compréhensible, la première personne arrivant sur les lieux, réalisant à quel point il fait frais dans le local, va s'empresser de rouvrir la vanne. Et, « pour que ça chauffe plus vite », elle va la positionner sur « 5 ». À fond. Or, je vous l'ai dit, une vanne thermostatique, ça n'a pas davantage de cervelle que ceux qui n'essaient même pas de comprendre son fonctionnement. Le radiateur va donc chauffer, chauffer, jusqu'à ce que quelqu'un trouve qu'il fait étouffant et repositionne la vanne sur zéro. « Comme ça c'est coupé », dira cette personne en s'épongeant le front et en grommelant un « je me demande qui a encore foutu cette vanne à fond ».

À ces gens-là, vous avez beau leur expliquer que non, le radiateur ne chauffe pas plus vite et plus fort quand la vanne est à « 5 », mais qu'il va chauffer inlassablement jusqu'à dix-huit heures quand la consigne de la chaudière (intelligente, celle-là) prendra le dessus (depuis la cave, il faut le faire). Ces gens-là s'entêtent. Et si vous leur dites de « laisser une bonne fois pour toutes cette putain de vanne sur trois, ou deux et demi, ou trois et demi » ; et qu'elle se chargera du reste, c'est-à-dire de ne faire cuire ni geler personne, ils estimeront que vous avez un mauvais caractère et que vous n'y connaissez rien.

C'est la caractéristique de l'ignorant qui s'ignore : il s'entête dans son ignorance, parce qu'il pense avoir raison. De toute bonne foi. Le genre de personne qui va vous répondre, quand vous lui montrerez une page du Bescherelle, du Larousse ou du Grevisse, « qu'il y a des tas de conneries, dans ce bouquin ».

Donc, la vanne thermostatique, ça se manœuvre avec délicatesse. Un peu à la fois. Si « 3 », c'est trop chaud, « 2,5 » conviendra. Inutile de s'énerver. Pas la peine de risquer de se tordre le poignet. Un peu de doigté suffit amplement.

Mais, je l'ai dit, bien que la vanne thermostatique soit une belle invention, il suffit de la mettre à disposition de mains maladroites dirigées par des esprits obtus pour qu'elle devienne un objet qui énerve. Un objet qui tantôt jette un froid, tantôt échauffe les esprits.

C'est trop triste. Trop injuste.
Elle ne mérite pas ça, la vanne.

vendredi 27 décembre 2019

8 heures, 5 jours, 4 semaines...

— Ben tu sais, moi, je bosse le vingt-quatre jusqu'à dix-huit heures.
— Si tard ?
— Eh oui, mon vieux ! affirma ce pote que je venais de gentiment questionner au sujet de ses projets pour les fêtes de fin d'année. Dix-huit heures. Et encore ! Tu peux facilement y ajouter une demi-heure !

Devant mon froncement de sourcils, le gaillard m'explique :

— Le magasin reste ouvert jusqu'à dix-huit heures. Le temps de servir les derniers clients et de fermer la boutique, ça fait dix-huit heures trente au minimum. Le temps de rentrer chez moi, ça fait dix-neuf heures. Déjà bien entamée, la soirée, non ?
— Et vous pouvez pas fermer plus tôt ?
— Pas moi qui décide ! C'est les big boss, là, tout en haut très loin, qui sont déjà rentrés peinards en famille à ce moment-là ou se sont envolés pour les îles avec leur secrétaire particulière...
— Ben, mon pauv' vieux...
— Et c'est pas tout, ajoute l'infortuné camarade. L'affiche indique en toutes lettres l'heure de fermeture. Et c'est pas « le magasin fermera à dix-huit heures » ; non, non, non ! C'est « votre magasin vous accueillera jusqu'à dix-huit heures ». Nuance ! C'est pas de fermer, qu'il faut parler, mais de rester ouvert. C'est positif.
— Ah, oui ! Les gens du marketing...
— Pas seulement eux ! Les clients s'y mettent ! Tu sais, avant, on pouvait mettre un cerbère devant les portes et, à dix-sept heures quarante-cinq, c'était trop tard pour entrer. Les gens ronchonnaient, mais ils n'insistaient pas. Maintenant, c'est différent : pas question d'empêcher quelqu'un de passer avant six heures du soir pétantes. Sinon, c'est le scandale : publicité mensongère, affiche trompeuse, et que je te flingue sur les réseaux sociaux, et que je te poste une vidéo du mec qui essaie de barrer l'entrée à dix-sept heures cinquante-cinq...

J'en reste silencieux quelques instants, pendant que le copain reprend son souffle, mais pas totalement surpris par l'évolution des mentalités.

— Tu sais, il en est qui viennent au dernier moment et qui s'éternisent. On a beau leur dire de « se diriger vers les caisses », on a beau commencer à fermer les lumières, ils prennent tout leur temps. Puis ils s'amènent avec un chariot plein à déborder en tirant des têtes de martyrs pour bien indiquer qu'ils ont du boulot qui les retient très tard, eux. Et qu'ils ont encore un tas de choses à faire avant de pouvoir enfin s'amuser.

En entendant ces explications, des souvenirs remontent à la surface. Je songe à mes parents, mes grands-parents. Eux qui se sont battus pour la journée des huit heures, pour la semaine de cinq jours et pour le petit mois de congés payés ! Eux pour qui le dimanche, c'était sacré.

Moi aussi, j'ai connu les vrais dimanches. Ceux où tout est fermé à l'exception des restaurants et cafés, de la boulangerie et de quelques petits commerces accessibles avant midi. Ceux où, sur les routes le matin, les voitures sont rares et les cyclistes nombreux.

Comme toujours, quand il est question de chercher les coupables, les réponses sont invariablement du genre « c'est pas moi, c'est lui ».

Les boutiques ouvertes le dimanche, c'est le client qui demande ça.
Les plats préparés bourrés d'additifs, les pizzas à deux balles, les hamburgers à la composition douteuse et les sodas hyper sucrés, c'est aussi le client qui les demande.
Les émissions de télé à la con, semble-t-il destinées à un public qui n'a pas été équipé d'un véritable cerveau, c'est aussi les gens qui aiment ça.
Les objets connectés à l'espérance de vie ultracourte, ça nous arrange aussi, parce qu'on aime bien changer, avoir le dernier modèle à la mode.
Et les fringues fabriquées bien loin par de petites mains, c'est nous qui les voulons aussi, quitte à payer bien cher le sigle d'une grande marque.

Alors, oui, pour satisfaire notre paresse et notre négligence, nous avons besoin de boutiques qui ouvrent tard, même un soir de réveillon ; et pour nous permettre de roupiller le samedi, nous exigeons qu'elles ne ferment pas le dimanche.

Et les gens qui y travaillent, alors ? Ben, c'est simple. Ils sont à notre service. On les paie pour ça.

On les paie, mais mal ; car justement, ces secteurs (cafés, restaurants, grande distribution) sont ceux où le travailleur est parmi les plus mal lotis au niveau du salaire et, bien souvent, des conditions de travail.

Et si nous faisions preuve d'humanité ? Si nous acceptions que l'autre ait droit, lui aussi, à ses moments de détente les plus précieux le soir, le week-end, en famille ?

Et si nous faisions l'effort de consommer moins, plus durable ? Si nous tentions de nous passer d'une petite part de notre superflu ? Si nous prenions la ferme résolution d'utiliser très régulièrement nos guibolles, de fermer la télé, de sortir et parler aux gens ? Si nous apportions chacun notre petite goutte d'eau, notre petite bouffée d'oxygène qui doit aider à sauver la Planète ?

Je vais m'y mettre, moi aussi. Moi d'abord, même, puisque les conseilleurs devraient de préférence être les payeurs. Et sur ces bonnes résolutions, je vous souhaite une année 2020 remplie de petits bonheurs tout simples.

mardi 6 août 2019

Des lendemains qui chantent


Cette fois, c'est promis, je vais faire preuve d'optimisme. C'est un état d'esprit qui se faisait rare chez moi depuis un bon bout de temps, ne m'incitant pas à poster sur mon blog. Je me disais « Mir, arrête tes conneries, tes diatribes pas drôles n'intéressent personne. Alors, si c'est pour broyer du noir, fais ça tout seul dans ton coin au lieu d'enquiquiner le bon peuple ».
Et c'est vrai que mes rares bafouilles ne baignaient pas dans un optimisme béat. Témoin le nombre de visites sur mon blog, en chute libre depuis belle lurette. J'avais davantage de lecteurs autrefois, quand mes sarcasmes prenaient pour cible Les Nouveaux Auteurs  ou quand je vous racontais mes déboires avec le PQ et quelques objets qui énervent.

Non, aujourd'hui, changement de cap : je vais être positif. Comment d'ailleurs pourrait-il en être autrement, compte tenu de l'avalanche de bonnes nouvelles auxquelles nous avons droit ces derniers temps ?

Et justement, parlons-en, du temps. Évoquons la météo, les températures caniculaires et notre bonne vieille Terre qui se réchauffe tout doucement quoique de plus en plus vite...

En voilà, une nouvelle qu'elle est bonne ! Moi qui n'aime pas le froid, moi qui supporte deux paires de chaussettes tout l'hiver – pas les mêmes, je vous rassure – et me contente d'une seule l'été pourvu que les températures dépassent les vingt degrés ! Moi qui dors toutes fenêtres fermées, radiateur à fond ! Moi qui n'abandonne mon écharpe de laine qu'aux alentours de la mi-mai pour la récupérer à la mi-août !

Moi, cette planète qui se réchauffe, je vous le dis : c'est une bonne nouvelle. Parce que tant et tant de gens nous bassinent avec l'urgence climatique et les particules fines qu'on en perdrait de vue l'essentiel : pour contrer l'effet de serre, il faut polluer moins. Surtout en brûlant moins d'énergie fossile : charbon, pétrole, gaz et vieux squelettes d'Homo Sapiens. Il paraît que ce qui dégage beaucoup de gaz carbonique, c'est notre chauffage individuel. Il faut chauffer moins, car chauffer moins, c'est polluer moins. Or, cette année, et bien que je sois un grand frileux, j'ai déjà fortement réduit ma consommation d'énergie. Normal : il fait chaud. On bat des records. La chaudière est en veille depuis des semaines. N'est-ce pas merveilleux ?

Autre bonne nouvelle : des maladies des contrées plus chaudes remontent vers le nord. Grâce au réchauffement climatique, le moustique-tigre, vecteur de sombres maux, se répand petit à petit en Europe. Malaria, dengue, chikungunya et autres joyeusetés se pressent à nos portes, prêtes à s'offrir en notre compagnie quelques pintes de bon sang. Quelle bonne idée ! Car déjà, nous sommes trop nombreux. Depuis plusieurs semaines déjà, nous vivons à crédit. Pas parce que nous avons emprunté pour les vacances, la bagnole, la maison et la cuisine Ikea ; mais parce que nous avons déjà consommé en quelques mois tout ce que la Terre peut nous offrir en un an. C'est ce qui s'appelle vivre à crédit : il n'y a plus assez de ressources pour nourrir le Monde, alors on entame déjà des réserves auxquelles nous ne devrions pas toucher.

Donc, les maladies dues au réchauffement viennent à notre secours : grâce à elles, la mortalité va augmenter. Et, comme d'un autre côté, notre fertilité est en régression, nous faisons moins d'enfants. Moins de gens, c'est moins de chauffages individuels, de voitures qui polluent, de viande et de légumes à produire ; donc moins de vaches qui pètent (le méthane est un gaz à effet de serre) et moins d'agriculteurs qui arrosent leurs champs. Et puis, la Terre qui se réchauffe, c'est la banquise qui fond, donc le niveau des océans qui monte. Des îles vont disparaître, des littoraux s'inonder et des côtiers se noyer. Des ours blancs arriveront dans les villes pour dévorer les citadins agonisants...

Le Monde finira donc par se dépeupler non seulement grâce aux maladies, à la famine, au terrorisme, aux guerres et à la vente libre des armes à feu aux States, mais aussi parce que les Chinois ont compris que plus on est de fous moins il y a de riz et qu'il faut limiter la procréation sous peine de n'avoir pas assez de Huawei pour tout le monde.

Comme la médecine progresse et que nous vivons plus vieux, alors qu'il y a de moins en moins de naissances et, par corollaire, de futurs travailleurs qui financeront les caisses de retraite, la misère va s'installer. Des gens sans ressources financières vont se retrouver à la rue. Ils seront malades et la peste, la tuberculose, le choléra se répandront comme jamais. Des révoltes éclateront, puis des guerres qui décimeront la population.

Ainsi, au fil des années, la race humaine sera en déclin, puis finira par disparaître comme avant elle ont disparu d'autres espèces, petites ou grandes, féroces ou paisibles mais toujours concurrentes les unes des autres.

Après ce déluge de paroles rassurantes, une triste nouvelle vient hélas assombrir ce tableau idyllique : la Belgique est toujours sans gouvernement fédéral de plein exercice et, jusqu'à présent, on ne parle pas encore de l'éventualité de retourner aux urnes. Et ça, c'est bien dommage car, si c'était le cas, les extrémistes de droite comme de gauche amélioreraient certainement leur score du mois de mai, rendant ainsi notre Belgique ingouvernable une bonne fois pour toutes. Alors tout pourrait enfin péter définitivement au pays du Compromis et...

... et je m'interromps ici, malheureusement, car l'ambulance est déjà là.

Merci pour votre attention.

dimanche 18 février 2018

Actus à prendre ou à laisser

* Comme suite à la fusillade perpétrée par un jeune gaillard de 19 ans, en Floride, et qui a fait 17 morts, le président Trump aurait promis de s'attaquer au difficile problème des maladies mentales. C'est vrai que les maladies mentales, ça tue beaucoup de gens. Ceux qui en souffrent – s'ils s'en rendent compte – et les victimes de ceux qui en souffrent. Moi, des malades mentaux, j'en ai connu l'un ou l'autre, mais le plus souvent ils étaient bien encadrés et ils n'avaient pas la possibilité de s'acheter un flingue aussi aisément que moi une paire de pompes ou un duffel-coat. Toute charité bien ordonnée commençant par soi-même, le président Trump pourrait s'attaquer d'abord à ses propres lacunes avant de songer à soigner celles des autres.
Edit 22/02/2018 : Je ne sais pas si c'est une blague, mais l'agité du bocal parle maintenant d'armer les profs dans les écoles. Armer les profs ! Ah, mais, pas tous quand même ! Ceux qui connaîtraient le maniement des armes, auraient un passé militaire ou des trucs comme ça... Vous en connaissez, vous, des profs qui ont un passé militaire ? Chez nous, ça doit être rare, mais aux States, cela fait peut-être partie du recyclage des anciens  du Vietnam, de l'Afghanistan, de l'Irak, de... d'un peu partout, quoi ! On sombre dans la débilité totale (un aubaine pour mon blog, tiens !), alors je m'interroge : à quand les gilets pare-balles pour les étudiants ? C'est vrai, quoi : il faut les protéger. Et puis, ça permettrait à la fois de relancer un commerce intéressant et de ne pas toucher à un autre, très florissant aux States. P... mais qu'est-ce que je suis content d'être Européen moi ! J'espère quand même que les gens, là bas, ils n'ont pas vraiment le président qu'ils méritent...
* Les États-Unis n'envisagent pas une action militaire contre la Corée du Nord, paraît-il. Nous voilà donc rassurés ; tout autant qu'on peut l'être lorsque Trump parle de s'attaquer aux maladies mentales. C'est peut-être là son problème, après tout : l'envie d'attaquer et la nécessité de s'en abstenir – pour le moment.

* Le bitcoin, ça marche. Et pourtant, ce n'est pas un truc sexuel. Donc, forcément, c'est du fric. Le cul et les écus, disait le concierge de la Maison communale, y a que ça de vrai. Donc, le bitcoin, c'est du pognon, mais pas tant que ça. C'est virtuel. Quand tu as des bitcoin, c'est comme si tu n'avais rien, mais qui a de la valeur. Et qui prend (ou perd) de cette valeur en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Par exemple, en vingt-quatre heures, ce qui représente quand même un peu plus de temps que celui nécessaire à en parler, ce machin peut augmenter de huit pour cent, comme je l'ai appris récemment. Moi, par exemple, j'ai à peu près une bonne moitié d'un bitcoin à disposition. Ça n'a guère de valeur, mais j'y tiens énormément. Quant à l'autre moitié, il y en a partout autour de moi, et je n'ai jamais songé que ça pouvait valoir quelque chose. Comme on peut se tromper !

* D'après une étude canadienne, l'acné, ça ficherait facilement la déprime. Pourtant, tant qu'on ne pousse pas sur le bouton, ce n'est pas dangereux, disait-on encore tout récemment dans l'entourage du président Trump. Mais malgré tout, l'étude insiste pour affirmer qu'une peau acnéique peut avoir une influence importante sur la santé mentale du boutonneux. J'en connais qui ont dû en avoir pas mal, autrefois, de ces inflorescences déprimantes.

* Quelque part dans une localité du Limbourg belge, un voleur de bagnoles sévit qui a l'habitude de s'habiller en schtroumpf et de n'abandonner le fruit de son larcin que lorsqu'il est bien pourri, c'est-à-dire complètement kaput, pour l'écrire en bon français. En schtroumpf ! Je n'en reviens pas. Comment peut-on se servir de l'image de ces personnages si sympathiques pour accomplir des actes aussi répressibles ? Décidément, je ne comprendrai jamais rien aux motivations des uns et des autres.

* Aux dernières nouvelles, Lance Armstrong nous aurait menti. Ou plutôt, il ne nous aurait pas tout dit. Certains spécialistes avancent que non seulement il se dopait, mais que son vélo l'était aussi ! Avec un moteur. Dans ces conditions, comment voulez-vous lutter ? Il n'aurait plus manqué qu'il soit aussi asthmatique, comme la plupart des coureurs professionnels. Fichu métier ! Être obligés de pédaler sur une bicyclette alors que des gens comme vous et moi, flanqués du même handicap, on les laisserait tranquilles en leur suggérant d'aller juste un peu se promener ou pédaler tranquillement, de préférence en dehors des périodes de fenaison, et de ne surtout, mais surtout pas, envisager la compétition.

* Certains hôpitaux ne se gêneraient plus pour annoncer que les soins seraient un peu différents selon que le malade est hébergé en chambre individuelle ou non. Dans le premier cas, l'opération serait, par exemple, effectuée par le spécialiste ; et dans le second, seulement par un assistant. Les soins de santé à deux vitesses, ça existerait donc et, à présent que nous avons un gouvernement résolument de droite, on ne se gêne plus pour le dire. En quelque sorte, les inégalités sociales, ça existe toujours, mais quand la gauche est au pouvoir, on en parle moins parce que c'est très vilain et qu'il ne faut pas que ça s'ébruite. Quand c'est la droite, non seulement on en parle mais, petit à petit, on en arrive même à en être fier, apparemment. Ou alors, c'est un truc tout simple pour rassurer les riches, qui craignent beaucoup pour leur santé alors que les pauvres craignent surtout pour leur garde-manger.

* J'ai lu dans la presse qu'un groupe de bénévoles avaient eu la bonne idée d'aménager un mobile-home en douche ambulante pour les sans-abris. Moi, quand on parle de faire passer les gens à la douche pour les décrasser, ça me fait toujours penser à quelque chose de pas très innocent. Mais chhhht. Je me tais. Le point Godwin n'est pas loin.

* Quand on vous dit que surfer sur le Net et entrer en contact avec des gens, ça peut être dangereux, ce n'est pas une plaisanterie. Par exemple, il y a un type qui a été arrêté parce qu'il se livrait à des activités exhibitionnistes devant sa webcam. À l'autre bout de l'image, il pensait avoir affaire à une innocente jeune fille, mais en réalité, c'était un flic qui le matait. Maintenant que notre exhibitionniste est au gnouf, il n'a plus qu'à se faire mater par les matons.

* Il paraît qu'en Belgique, on consomme de moins en moins de viande de lapin. Bouffer du lapin, c'est pas bien. Ce petit être tout mignon est surtout considéré comme un animal de compagnie ; et un animal de compagnie, ça se chouchoute, à défaut de se mitonner. Déjà qu'on ne mange plus de serpents ni de lézards et encore moins de tortue d'eau ! Manquerait plus que certains commencent à se prendre d'affection pour les moules et en gardent auprès d'eux dans leur living ou leur chambre à coucher ! Qu'est-ce qu'on boufferait avec nos frites, dans pareille situation ?


mardi 26 décembre 2017

Les fous sont lâchés !

En cette période de fêtes, j'aimerais bien faire montre d'optimisme, mais j'avoue que c'est compliqué. Et quand on est comme moi plutôt enclin à suivre les actualités, à se tenir informé et à rester curieux de tout, cela ne simplifie guère les choses.

J'ai cette particularité, que partagent bien entendu les gens de ma génération, d'être un de ces hommes qui n'ont pas vu l'ours, mais qui ont longuement côtoyé et côtoient encore des hommes et femmes qui, eux, l'ont vu de près. Ces hommes et femmes, ce sont mes parents et grands-parents, oncles, tantes et leurs amis qui ont vécu assez longtemps pour pouvoir me raconter directement les principaux faits majeurs ayant émaillé leur existence bien plus difficile que la mienne.

Nombre de ceux-là, que j'ai fréquentés mais tous disparus aujourd'hui, avaient survécu à deux conflits majeurs et ne manquaient jamais de raconter les événements dramatiques, les traumatismes qu'ils avaient subis et toutes les douleurs, peines et privations qu'ils avaient endurées. La guerre, c'est horrible. Et à chaque fois, lorsqu'elle est terminée, on promet « plus jamais ça ! », les yeux rauques et la voix embuée – ou plus logiquement le contraire.

Après la fin de la Première, seuls les plus grands optimistes se sont évertués à croire, niant l'évidence qui s'agitait devant leur nez, que cette Première serait aussi la dernière. Les autres, qui pourtant avaient senti venir la Seconde, n'ont rien fait ou rien pu faire pour l'empêcher d'éclater.

Les signes avant-coureurs étaient pourtant bien là : frustrations et rancœurs engendrées par un passé douloureux aux conclusions injustes et aux sanctions insupportables pour ceux qui avaient fauté et tentaient vainement de se reconstruire ; crise économique née par la grâce de ceux qui font métier de s'enrichir en jouant avec l'argent d'autrui ; peur et haine de l'Autre entretenues par d'habiles tribuns n'ayant trouvé moyen d'arriver et de se maintenir au pouvoir qu'en désignant des boucs émissaires seulement coupables d'être venus d'ailleurs ou d'être un peu différents.

Grâce à ces excités agitant l'épouvantail de la haine, nos parents et grands-parents ont subi la Deuxième. L'horrible Seconde Guerre Mondiale. La dernière aussi, déclamerait-on après qu'elle serait finie, le tout sur fond de drapeaux, de gerbes mortuaires, de flambeaux et d'hymnes nationaux entrecoupés de « plus jamais ça ». Car il ne fallait pas oublier. Il fallait filmer, photographier, raconter.

Alors, moi qui n'ai pas vu l'ours mais qui ai vécu avec des gens qui l'ont vu de près, je frémis aujourd'hui en constatant que les fous sont à nouveau lâchés. Pas seulement là où l'on se bat depuis de longues années ; mais ailleurs, dans des pays en paix où la merde noire que l'on croyait, que l'on espérait enfouie à jamais, est en train de refaire surface.

Au début, on s'offusquait : « Non, jamais avec l'extrême-ceci ou l'extrême-cela » ; « Oui, de tels propos sont intolérables » ; « Non, ce ne sont pas là les valeurs démocratiques que nous défendons avec force ». Mais à présent, on s'indiffère. On cesse de s'étonner, de protester, de punir. Les discours belliqueux, les slogans faciles, la peur de la différence, le protectionnisme, l'isolationnisme... on ne les conteste plus que du bout des lèvres au lieu de les sanctionner. Mieux : on les banalise, on les approuve un peu, on les soutient beaucoup ou l'on choisit lâchement de se taire et de laisser dire avant de laisser faire. Car laisser dire aujourd'hui, ce sera laisser faire demain.

Par la porte ou par la fenêtre, la haine se hisse au pouvoir dans de nombreux pays, souvent aidée par l'opportunisme de ceux qui préfèrent choisir le camp de la lâcheté, toute honte bue, fraternisant et pactisant avec le diable au lieu de s'en méfier ou de le renvoyer au fin fond des enfers. En quelque sorte, les collabos sont déjà actifs avant la guerre.

C'est un message bien triste, bien alarmiste que je poste sur mon blog en cette fin d'année. Ce ne sont que des mots, mais je les ai écrits. Ce sont des phrases que je pense et qui, peut-être, me seront un jour reprochées, même si j'espère ardemment qu'un tel jour ne naîtra jamais.

Je souhaite au Monde entier une heureuse et paisible année 2018, quitte à être entièrement d'accord avec le pape François. Quant à vous, mes lecteurs, à vous qui êtes aussi égaux que les autres sont égaux parmi les égaux, je vous souhaite, par contre, une heureuse et paisible année 2018.

jeudi 20 juillet 2017

Le sex(ism)e est dans tout, même dans la connerie

C’est un peu dingue, parfois, ce qu’on découvre dans les médias. Il n’y a guère, j’ai entendu que, dans certains pays, les femmes se plaignent de la place occupée par les hommes dans les transports en commun. Et quand j’écris « la place occupée », c’est relatif à l’espace pris individuellement par un individu mâle normalement (et moyennement) constitué. Il ne s’agit pas d’une question de parité hommes/femmes. En principe, tous les voyageurs payants sont les bienvenus. En principe.

Par contre, tous les comportements ne le sont pas. Et ça se comprend. La politesse devrait rester de mise, l’hygiène également. Bref, le respect d’autrui.

Or, dans certains pays, comme je l’écrivais, l’homme a tendance, apparemment, à occuper davantage que l’espace qui lui est normalement dévolu, par exemple sur une banquette dans une rame de métro. On a même, paraît-il, institué dans certaines villes une réglementation assortie de pictogrammes pour la rappeler.

Un homme, quand il s’assoit, occupe trop de place. Avec ses jambes. Si, si. Nous, les mâles, lorsque nous nous asseyons, nous avons tendance à les écarter, et les femmes trouvent que ça envahit l’espace qui leur est normalement dévolu. Nous avons de grandes guibolles et de gros genoux ; doublés d’une tendance machiste et virile consistant à bien faire comprendre que quelque chose d’important niche au milieu qui a besoin d’avoir ses aises. D’où la réglementation et les pictogrammes : Messieurs, asseyez-vous et serrez les genoux, s’il vous plaît. Les écarter, c’est limite indécent et surtout franchement envahissant.

Soit. Ce n’est pas faux, pour le côté envahissant. Mais ces dames ne semblent pas réaliser – fort logiquement compte tenu de leur constitution différente de la nôtre – que nous devons faire face à plusieurs problèmes à la fois, nous les messieurs.

Tout d’abord, en moyenne, nous sommes plus grands qu’elles. Afin de rendre les places assises accessibles sans trop de gymnastique aux moins athlétiques des voyageurs, aux enfants, aux personnes âgées… les banquettes sont plutôt basses. Personne ne peine à s’y installer. Les pieds des enfants ne toucheront cependant pas le sol, ceux des adultes de petit gabarit non plus. Ou de justesse. Les dames bénéficieront, en moyenne, d’un soutien correct de leurs cuisses par l’assise lorsqu’elles se tiendront bien droites.

Ce ne sera généralement pas le cas pour les hommes de taille moyenne ou supérieure. Les pieds à plat sur le sol, leurs creux de genoux seront surélevés et leurs cuisses ne bénéficieront d’aucun soutien efficace. De manière naturelle, elles s’écarteront dès que leur propriétaire songera à autre chose qu’à les maintenir soigneusement serrées l’une contre l’autre. C’est inévitable. Rester assis ne devrait d’ailleurs pas exiger de tension musculaire constante.

Un moyen simple d’éviter à nos jambes de s’écarter naturellement est de les croiser. Cela fera peut-être plaisir à notre voisine de banquette, mais certainement pas au voyageur installé en face et peu soucieux d’accueillir contre ses tibias une pointe de chaussure de grande pointure, même soigneusement cirée.

Cette réglementation stupide est donc inadaptée aux hommes de taille moyenne ou grande.

En réaction, certains collectifs masculins ont, paraît-il, fait réaliser des pictogrammes indiquant que les banquettes, dans les transports en commun, c’est réservé aux postérieurs des voyageurs et voyageuses ; et que les sacs à main – très appréciés des dames – n’ont rien à y faire aux côtés desdits postérieurs.

Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais moi je trouve qu’on vit une époque à la con. Il faut des réglementations pour tout, y compris l’insignifiant, parce que nous sommes globalement égoïstes et qu’il faut sans cesse nous rappeler que les autres existent, qu’ils ont droit au respect, à un espace vital, à la décence.

Tout est devenu sérieux à l’excès, puisque même l’humour est réglementé. La distinction entre taquinerie et sexisme, observation et racisme, humour et politique… est devenue impossible à établir.

Nous ne devrions pas avoir besoin de toutes ces règles puisque, de manière simple et pourtant très connue, notre liberté individuelle s’arrête là où commence celle des autres ; mais voilà : ça ne semble pas facile à comprendre et appliquer, comme principe.

Nous pourrions peut-être consentir quelques efforts ? Cela nous permettrait sans doute d’avoir beaucoup moins l’impression d’être constamment fliqués, non ?

mardi 30 mai 2017

Rien qu'un tas de ferraille...

Un jour, j'avais reçu cette pub dans ma boîte à lettres :



J'en ai juste scanné une page, mais il y en avait plusieurs comme ça, à la file, vantant les mérites de diverses voitures de cette marque bien connue. Chacune de ces pages comportait le même genre de littérature. C'est de la publicité, donc ça vaut ce que ça vaut, mais ce n'était pas la première fois que les têtes pensantes chargées du boulot promotionnel chez Renault dépassaient les bornes de ce que j'appelle la décence.

 
Peut-être que ça ne vous choque pas, ce genre de propos ; mais moi, bien. A priori, pas pour ce qui concerne le fond, car à la limite je m'en ficherais royalement, mais pour ce qui est de la forme.

A priori, écrivais-je, parce qu'en y réfléchissant un peu, l'indécence de la forme rejaillit fatalement sur le fond du message, qui devient lui aussi de mauvais goût.


Pour moi comme pour beaucoup de gens, une bagnole, c'est un bien de consommation. Un truc utile sans doute, un truc qui rend service plus d'une fois au cours de ses années de fonctionnement, mais qui n'est en réalité qu'un dispendieux tas de ferraille.

Dès lors, je ne vois pas pourquoi on appliquerait à l'égard d'un véhicule automobile un langage qu'on ne tient pas toujours en parlant des gens, des vraies personnes.

Chez les personnes correctement éduquées, courtoises et mesurées, on n'utilise l'article, en parlant de quelqu'un, que pour marquer du mépris, du courroux... On dirait, par exemple, avec agacement : « Le François, il m'a encore sali le trottoir avec son clebs ».

Inversement, quand on parle poliment d'une personne, on s'abstient d'utiliser cette tournure dévalorisante qui fait appel à l'article : « François fête son anniversaire, ce soir » ; et non « Le François fête son anniversaire ce soir ».

Alors, la Mégane (déjà affublée d'un prénom, comme une personne), ce n'est qu'une voiture. Un tas de ferraille, de plastique et de tissu. Rien qu'un objet. Et qu'elle soit nouvelle, ça ne change rien. Alors, écrire « Mégane », « Nouvelle Mégane », « Renault Mégane », « Nouvelle Renault Mégane »... sans l'article et avec des majuscules partout, c'est élever l'objet au rang d'une personne.
Et ça, ce n'est pas bien.

Comparativement, les travailleurs ont droit à moins de respect, bien qu'ils soient des personnes.

Alors, quand un constructeur automobile comme Renault déclare, par exemple, qu'il va devoir se séparer d'un certain nombre de salariés en raison d'une restructuration ou d'une rationalisation de l'outil de production (manière pudique de dire qu'on veut diminuer les frais en vue d'augmenter les bénéfices), il pourrait oublier l'article et utiliser la majuscule. Ouvriers ne sont pas des objets, contrairement aux bagnoles. Courageux Travailleurs ont donc droit à davantage de respect. Ou à autant de respect, au minimum.

Vous pourriez vous dire que je me choque pour pas grand-chose, mais moi, rien à faire, ce genre de message publicitaire rédigé comme ça rien que pour des bagnoles, ça me débecte.