vendredi 26 août 2011

Nationalisme et culture de la haine


C’est sans doute un des effets de la période orageuse que nous subissons, bien aidée par la reprise du championnat de football et des hostilités politiques : les couillonneries volent bas !

Est-ce parce qu’il est maladroit ? Est-ce parce qu’il est moins habile que ses confrères politiciens dans l’usage de la langue de bois ? Stefaan De Clerck joue décidément de malchance. Après avoir été brillamment élu « couillon de la semaine » lors de l’émission La Semaine infernale (RTBF radio) du 20 mai 2011, suite à son dérapage au sujet de l’amnistie des collabos de la Seconde Guerre Mondiale ; notre brave Stefaan en a remis une couche ce matin sur les ondes de la radio francophone (émission « Matin première »). Bien qu’il n’ait plus abordé ce sujet qui fâche, il n’a pas manqué de faire étalage de tout le bon sens dont il semble devenu coutumier.

En réponse à une question relative aux exigences de son parti lors des négociations en cours pour tenter de conclure un accord en vue de la formation d’un gouvernement (oui, nous en sommes toujours là), monsieur De Clerck explique que le programme du CD&V est élaboré pour répondre aux demandes de l’électorat flamand, et que le nationalisme est une réalité dont son parti a dû tenir compte dans l’élaboration dudit programme.

Monsieur De Clerck entretient une « culture de l’oubli » qui force l’admiration. Lorsque le nationalisme flamand était essentiellement l’apanage d’un parti d’extrême droite appelé Vlaams Blok, aux thèses racistes, flamingantes et séparatistes visant à « faire crever la Belgique », les autres partis (dits « démocratiques ») du nord du pays, dans un touchant ensemble, refusaient de négocier avec lui. Un « cordon sanitaire » avait été établi, qu’il aurait fallu maintenir et renforcer. Mais dix, quinze voire vingt pour cent des voix, c’était bien trop alléchant ! Dans un touchant ensemble (à nouveau !), les partis « démocratiques » ont récupéré la plus grande part des thèses de ces hors-la-loi flamingants d’extrême droite, plutôt que de les anéantir. Le bouc émissaire n’est plus l’Étranger, le basané, le musulman (le racisme et la xénophobie, c’est interdit par la loi) ; mais tout simplement le Francophone, brebis galeuse du troupeau belge et boulet chevillé à la Flandre.

Ces idées, ce ne sont pas celles du peuple flamand, mais celles que, par souci électoraliste, les politiciens du nord du pays lui ont inlassablement répétées. Certains un peu plus, certains un peu moins, mais tous l’ont fait et le font encore. Monsieur De Clerck comme les autres.

Mais là où Stefaan De Clerck s’enfonce dans une mauvaise foi qui frise le ridicule et qui lui vaudrait à coup sûr un second titre de « couillon de la semaine » si l’émission La Semaine infernale existait encore, c’est lorsqu’il prétend très sérieusement que le nationalisme, ce n’est pas une culture de la haine. Qu’est-ce donc, alors ? Le respect d’autrui ? Le sens de l’hospitalité ? L’esprit de solidarité ?

Oui, c’est tout ça, le nationalisme flamand selon Monsieur De Clerck et ses semblables : respect, amour, hospitalité, solidarité, prospérité. Seule condition à remplir pour en bénéficier : être Flamand. Ce n’est pas la culture de la haine, on peut vous le garantir. Les autres, on ne leur souhaite aucun mal, du moment qu’ils restent chez eux, ne nous demandent rien et nous laissent faire tout ce qu’on choisit de faire.

(À lire : cet article du 21/05/2011, où il était déjà question de Monsieur De Clerck.)

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