mardi 9 novembre 2010

Les meuilles fortes se rapassent à la melle


Le train se rend de gare en gare mais la gare demeure et ne se rend pas.
Il faut cependant reconnaître que parfois, le train ne se rend pas non plus. Les causes en sont diverses : grève impromptue, bris de caténaire, panne de machine, déraillement d’un convoi de marchandises, gel d’aiguillages, chutes de neige et, tout récemment, envahissement de feuilles mortes.
Les Chemins de fer belges nous rappellent à la dure réalité de la vie, nous qui rêvions encore de plages ensoleillées et de balades en montagne : c’est l’automne, la Toussaint, les cimetières, les fleurs, les commémorations, les saluts au drapeau et les gerbes à la tombe du Soldat inconnu.
Nos feuillus se joignent donc à la fête et, pour qu’on les remarque, expédient leurs défunts là où il ne faut pas pour empêcher les trains d’avancer et les enquiquiner à l’instant du freinage. Sournois, vicieux et surtout imprévisible, l’automne est bien là avec son lot de contrariétés. Damned ! Encore un truc qui nous tombe dessus comme ça, sans crier gare. Et je ne raille pas.
C’est pourtant joli, l’automne. Des couleurs, des odeurs, des tapis moelleux qui crissent ou qui glissent selon les conditions atmosphériques… De quoi nous rappeler que si la nature nous a pourvus de deux jambes, c’est pour nous en servir : une petite laine ou un ciré, des baskets ou une paire de bottes, et surtout ne pas oublier d’emporter la boîte à souvenirs.
Et au retour, s’asseoir devant un bol de soupe, un chocolat chaud, un café ou une bière d’abbaye ; la tête remplie d’images et le cœur léger.

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