lundi 10 octobre 2011

Messagerie de merde !

Je ne sais pas si c'est parce que je suis démodé et que je n'ai pas compris d'emblée certaines choses lorsque je me suis intéressé à Internet et aux méthodes modernes pour communiquer, mais je m'aperçois que je suis devenu l'heureux gestionnaire d'un tas de comptes de messagerie électronique, au fil des mois et des années, et que j'ai de plus en plus de mal à gérer tout ça.

C'est peut-être aussi une conséquence d'un début de sclérose de la matière grise, dû à un phénomène si incontournable qu'il nous attend tous au moindre tournant, et qui s'appelle le vieillissement. Avec l'âge, en outre, on perd petit à petit la maîtrise de certaines choses et on s'aperçoit soudain qu'on n'est plus obligé, par exemple, de faire semblant de ne pas avoir entendu Chérie demander de sortir les poubelles ou aperçu le panneau indiquant « travaux à cinq kilomètres, sortie n° 23 fermée ».

Toujours est-il que je me sens non seulement démodé, mais aussi dépassé. Dépassé par la technologie et toutes les inventions destinées à révolutionner notre mode de vie mais surtout à nous pomper notre pognon, comme les merveilles de l'informatique : notebooks, netbooks, tablettes, ipods, ipads, ipète… Et dépassé par tout ce qui en découle, comme les logiciels, les jeux et les réseaux sociaux.

Si on m'avait mis tout ça d'un seul coup sous le nez, je me serais probablement enfui à toutes jambes, mais c'est venu insidieusement, comme la baisse du pouvoir d'achat, l'endettement de l'État et des ménages, la hausse du taux de cholestérol et les maladies cardiovasculaires qui en découlent.

Au début, j'avais un PC. Un gros. Je veux dire gros en encombrement, pas en performances ; quoique pour l'époque, ce n'était déjà pas mal. Et puis j'ai obtenu, contre un coûteux abonnement et moyennant l'achat de quelques indispensables accessoires, une connexion à Internet. Et je me suis créé un compte de messagerie. Un vrai. Un bon. Pour mon fournisseur d'accès à la Toile et quelques trucs un peu sérieux que j'envisageais de faire, assis bien tranquille à mon bureau. J'ai donc utilisé mon vrai nom et mon vrai prénom.

Assez rapidement, je me suis rendu compte que ça n'allait pas sans inconvénient (un tas d'inconvénients que je me garderai de détailler ici, car bien connus de la plupart des internautes) ; et j'ai donc créé un autre compte de messagerie, en utilisant un « alias », comme ils appelaient ça. Mais c'était bien sûr insuffisant, ce compte-là étant fortement inféodé au premier.

Étant donné qu'il était plus commode d'avoir un compte « moins sérieux », d'où je pouvais me connecter n'importe où, y compris par exemple depuis un « cybercafé », je n'ai pas manqué l'occasion de le faire. Je me suis donc inventé un blaze à la con et, par mesure de sécurité, j'ai utilisé un autre mot de passe que celui que j'avais choisi pour ma messagerie « de base ».

Après, j'ai fait comme tout le monde : j'ai refilé mon adresse de messagerie avec le blaze à la con à quelques connaissances, qui l'ont refilée ensuite à d'autres connaissances. Comme en outre je l'avais utilisée pour demander des renseignements sur un site de ventes et pour m'abonner à deux ou trois « newsletters », j'ai bien vite été envahi par des courriels indésirables que j'ai fini par supprimer en bloc.

Nanti de cette malheureuse expérience, je me suis résolu à créer un nouveau compte de messagerie, avec un autre blaze à la con et un autre mot de passe, et à l'utiliser avec discernement. Je maintenais l'autre comme « poubelle » et conservais discrètement pour moi seul et quelques correspondants triés sur le volet la nouvelle adresse avec un @ à l'intérieur.

Comme j'aime bien lire et écrire, et que la méthode qu'on utilise généralement pour ouvrir sa gueule sur les forums consiste à blablater sous une identité d'emprunt, je me suis inscrit à gauche et à droite (mais plutôt à gauche, en fait) pour poster mon point de vue sur un tas de choses auxquelles je n'entrave généralement que dalle. Pour éviter d'avoir l'air con plusieurs fois et à plusieurs endroits sous la même identité, j'ai choisi des pseudonymes aussi débiles que variés (et ne comptez pas sur moi pour les citer ici, on est entre gens sérieux), et j'ai fini par y associer des comptes de messagerie secondaires (on est plutôt dans le tertiaire et le quaternaire, en réalité), pour éviter de faire se télescoper des messages personnels qui concernaient des choses totalement différentes.

Vous suivez toujours ? Si c'est le cas, c'est que vous avez dû faire comme moi.

En vous passant encore une foultitude de détails qui n'ont d'importance que pour moi, j'avoue à présent être titulaire d'une bonne vingtaine d'adresses courriel, certaines servant d'adresse de secours à d'autres qui servent elles aussi d'adresses de secours en cas d'oubli de mot de passe, et d'à peu près autant de pseudonymes divers plus ou moins dissemblables de la messagerie qui leur est associée.

Dois-je préciser que j'ai oublié certaines de ces adresses, que je n'ai plus la moindre idée des mots de passe utilisés, que je ne sais même plus sous quel nom je me suis inscrit lorsque j'arrive sur un site où il me semble être déjà intervenu et que je n'ouvre les boîtes aux lettres dont je détiens encore les clés virtuelles qu'une fois toutes les deux lunes ou à peu près ?

Vous me direz peut-être que c'est de ma faute, que je n'avais pas besoin de me compliquer la vie à ce point et qu'il suffisait que je me contente partout de ma véritable identité, parce que celle-là, en principe, on ne l'oublie pas et que quand on l'oublie ce n'est plus la peine d'essayer d'utiliser un ordinateur… et vous auriez raison.

Toutefois, compte tenu de ce que j'écris et des endroits où je l'écris, j'aime autant que Maman ne tombe jamais là-dessus et s'exclame « Ciel ! Est-ce bien toi, mon fils ? », parce que je ne serais pas fier du tout.
Cela étant, Maman n'a ni ordinateur, ni accès à Internet, ce qui limite quand même les risques. Non seulement qu'elle écrive des conneries (« Ciel ! Est-ce bien toi, Maman ? »), mais qu'elle lise les miennes.

Comment ? Vous êtes comme moi ?

Dans mes bras !

3 commentaires:

  1. Moi pareil, mais comme j'ai deux noms (mon vrai et mon pseudonyme d'auteur), et encore un nom de blogueur (Stoni), eh bien ça fait deux noms officiels et un "faux", alors, après, j'ai dû ouvrir aussi des adresses sans l'un ou l'autre pour m'inscrire sur des trucs pornos (non je déconne), enfin bon, m'inscrirure sur des conneries, et pis pour commenter sur dailymotion et youtube, ce qui est vraiment indispensable, et pis...

    enfin bref. même combat.

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  2. Comme sur les boîtes aux lettres, nous devrions placarder un "NE RIEN DEPOSER" sur la boîte mail.

    (Avez-vous bien reçu un petit livre avec un code-barres sur la couverture ?)

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  3. @ Stoni : Merci de me rappeler que j'ai oublié de parler de mon identifiant YouTube. Y a aussi eBay et Amazon, tant qu'on y est... Ah là là. Pauvre de moi !
    @ Anonyme : |!||!!||||!|||!| reçu hier. That's all, folks !

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